Les renards de Trinity

Il faut savoir que les goupils font depuis longtemps partie de la population dublinoise, à Trinity College comme ailleurs dans la ville. Ce sont des animaux timides, du moins vis à vis des humains, et qui d’habitude ne sont visibles que la nuit. Le premier confinement de 2020 a changé la donne, puisqu’avec les rues vides de voitures et de piétons, nombre de renards se sont risqués en terrain inconnu pour eux, à savoir la rue, et de jour pour certains. Par le hasard ou la grâce d’un photographe qui s’était aventuré dans les rues vides du centre-ville pour le documenter, un renard est apparu sur la scène dublinoise et a été immédiatement médiatisé. Il a été doté du prénom épicène de Sam, avant qu’il n’élise domicile sur les espaces extérieurs de Trinity College et que les zoologistes de l‘université puissent affirmer avec certitude que Sam est une renarde.

Sam a meme inspiré un poème à l’écrivain irlandais Derek Mahon„ a Fox in Grafton Street“, sorte d’allégorie de notre monde chamboulé par la pandémie.

Apres avoir souffert de faim et de maladie, Sam a été traitée à l’aide de médicaments cachés dans de la nourriture mise à sa disposition. Ensuite, des observateurs ont mentionné le fait qu’elle avait trouvé l’âme soeur avec un congénère prénommé Prince, et au mois d’avril 2021, elle a finalement donné naissance à une portée de renardeaux.. Tranquillement, à Trinity College, dans le jardin du Président. Soulagement et attendrissement dans la capitale irlandaise pour qui cette naissance s’apparente à un symbole de la vie qui reprend après 16 mois ponctués de 3 confinements particulièrement stricts (croyez-moi). Dans d’autres grandes villes, le renard aurait probablement été tiré par un chasseur, ou bien délocalisé d‘office. Pas en Irlande, pas à Trinity..

En cette rentrée 2021, l‘université a décidé de donner un cadeau en nature à tous ses salariés pour le travail fourni durant les 16 mois où pas un seul cours n’a eu lieu sur le campus (quelques labos mis a part), oui je dis bien pas un seul..et quoi qu’en disent certaines mauvaises langues ignorantes, qui pensent qu’une heure de cours = une heure de travail (essayez, vous verrez..), le personnel enseignant et administratif a travaillé plus qu’en temps normal afin d’assurer le déroulement des enseignements, examens et suivi des étudiants…

C’est ainsi que me voilà donc heureuse propriétaire d‘une aquarelle faite sur commande et à tirage limité et représentant Sam et son compagnon devant les arbres et la célèbre petite tour de la cour de Trinity, le campanile, avec la dédicace „Like the Trinity Foxes, we are stronger together“..joli message de « team-building » !

Et qu’en est il de la prime covid tant réclamée par certains me direz vous? Certes, une aquarelle, ce n’est pas de l’argent. Au risque de choquer, l’argent ca se dépense, et personnellement je préfère cette aquarelle que je peux garder à vie et transmettre à mes enfants ensuite. Cela reste malgré tout un beau et vrai symbole de cette période à nulle autre pareille dans nos vies, où nous avons tous été „together apart“/ensemble mais séparés, et avons fait du mieux que nous avons pu. Nous avons malgré tout réussi à nous adapter, faire notre travail, créé de nouveaux liens sociaux parfois improbables à distance, développé des hobbies nouveaux dans notre temps libre, survécu, et nous revoila „together together“/ensemble et réunis, comme les renards de Trinity.

St Stephens Green désert
L’aquarelle « post-covid » offerte à l’ensemble du staff de Trinity, un peu trop idéalisée à mon gout, mais les Irlandais ont parfois tendance à etre très « puppies and kittens », c’est aussi ce qui fait leur charme!

Publié par pchatelain

Je suis une Française qui habite actuellement en Irlande et qui s intéresse particulièrement à la valeur des mots

4 commentaires sur « Les renards de Trinity »

  1. Thankyou « Pauline », for your delightful article on the foxes of Trinity, which your Mother was kind enough to transmit to me here at Herbeys, near Grenoble. You probably know the books set in London by Alexander McCall Smith where the passages of a beautiful lady fox through her garden enchant its owner. Less happy are the hundreds of ragged and unhealthy foxes who wander the London streets ravaging the dustbins for MacDo papers and other substances quite unsuitable for their diet. As when walkers feed titbits to marmots along their mountain paths, I fear that this overfamiliar behaviour of what should be wild animals, although enchanting, is not a healthy sign for their long-term survival.
    I shall look forward to further animated discussions with your remarkable mother!
    Enjoy your weekend in beautiful Ireland, home of my grandparents.
    Monica

    J’aime

    1. Merci Corisande pour ce commentaire en anglais qui plaira beaucoup à notre fille qui envoie toujours son blog en anglais aussi !
      Il faut aller voir les 17 Nos précédents tous très intéressants !
      A biento^t Monica Corisande pour d’autres découvertes !Françoise

      J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :